—Mais alors comment mon père n’a-t-il pas succombé?
—Je vous l’ai déjà dit, un soir, dans le jardin, après la mort de Mme de Saint-Méran; parce que son corps est fait à l’usage de ce poison même; parce que la dose insignifiante pour lui était mortelle pour tout autre; parce qu’enfin personne ne sait, et pas même l’assassin, que depuis un an je traite avec la brucine la paralysie de M. Noirtier, tandis que l’assassin n’ignore pas, et il s’en est assuré par expérience, que la brucine est un poison violent.
—Mon Dieu! mon Dieu! murmura Villefort en se tordant les bras.
—Suivez la marche du criminel; il tue M. de Saint-Méran.
—Oh! docteur!
—Je le jurerais; ce que l’on m’a dit des symptômes s’accorde trop bien avec ce que j’ai vu de mes yeux.»
Villefort cessa de combattre, et poussa un gémissement.
«Il tue M. de Saint-Méran, répéta le docteur, il tue Mme de Saint-Méran: double héritage à recueillir.»
Villefort essuya la sueur qui coulait sur son front.
«Écoutez bien.