— Ah! le vilain service que je fais! dit-il à chaque marche. Ah! le piteux maître! La vie ainsi faite n’est plus tolérable, et il est temps enfin que je prenne mon parti!... Plus de générosité, plus d’énergie! continua-t-il.

«Allons, le maître a réussi, l’élève est atrophié pour toujours. Mordioux! je n’y résisterai pas. Allons, vous autres, continua-t-il en entrant dans l’antichambre, que faites-vous là à me regarder ainsi? Éteignez ces flambeaux et rentrez à vos postes! Ah! vous me gardiez? Oui, vous veillez sur moi, n’est-ce pas, bonnes gens? Braves niais! je ne suis pas le duc de Guise, allez, et l’on ne m’assassinera pas dans le petit couloir. D’ailleurs, ajouta-t-il tout bas, ce serait une résolution, et l’on ne prend plus de résolutions depuis que M. le cardinal de Richelieu est mort. Ah! à la bonne heure, c’était un homme, celui-là! C’est décidé, dès demain je jette la casaque aux orties!

Puis, se ravisant:

— Non, dit-il, pas encore! J’ai une superbe épreuve à faire, et je la ferai; mais celle-là, je le jure, ce sera la dernière, mordioux!

Il n’avait pas achevé, qu’une voix partit de la chambre du roi.

— Monsieur le lieutenant! dit cette voix.

— Me voici, répondit-il.

— Le roi demande à vous parler.

— Allons, dit le lieutenant, peut-être est-ce pour ce que je pense.

Et il entra chez le roi.