— Il sera, selon toute probabilité, aux armes de M. le cardinal.
— C’est bien, Sire, répondit l’officier, entièrement fixé sur l’objet de sa reconnaissance.
Il mit alors son cheval au grand trot et piqua du côté indiqué par le roi. Mais il n’eut pas fait cinq cents pas qu’il vit quatre mules, puis un carrosse poindre derrière un monticule.
Derrière ce carrosse en venait un autre. Il n’eut besoin que d’un coup d’œil pour s’assurer que c’étaient bien là les équipages qu’il était venu chercher.
Il tourna bride sur-le-champ, et se rapprochant du roi:
— Sire, dit-il, voici les carrosses. Le premier, en effet, contient deux dames avec leurs femmes de chambre; le second renferme des valets de pied, des provisions, des hardes.
— Bien, bien, répondit le roi d’une voix tout émue. Eh bien! allez, je vous prie, dire à ces dames qu’un cavalier de la cour désire présenter ses hommages à elles seules.
L’officier partit au galop.
— Mordioux! disait-il tout en courant, voilà un emploi nouveau et honorable, j’espère! Je me plaignais de n’être rien, je suis confident du roi. Un mousquetaire, c’est à en crever d’orgueil!
Il s’approcha du carrosse et fit sa commission en messager galant et spirituel.