— Attendez alors.
Et le jeune roi se mit à écrire la lettre suivante, qui lui coûta plus d’un soupir, quoique en même temps quelque chose comme le sentiment du triomphe brillât dans ses yeux.
«Monsieur le cardinal, Grâce à vos bons conseils, et surtout grâce à votre fermeté, j’ai su vaincre et dompter une faiblesse indigne d’un roi. Vous avez trop habilement arrangé ma destinée pour que la reconnaissance ne m’arrête pas au moment de détruire votre ouvrage. J’ai compris que j’avais tort de vouloir faire dévier ma vie de la route que vous lui aviez tracée. Certes, il eût été malheureux pour la France, et malheureux pour ma famille, que la mésintelligence éclatât entre moi et mon ministre.
C’est pourtant ce qui fût certainement arrivé si j’avais fait ma femme de votre nièce. Je le comprends parfaitement, et désormais n’opposerai rien à l’accomplissement de ma destinée. Je suis donc prêt à épouser l’infante Marie-Thérèse. Vous pouvez fixer dès cet instant l’ouverture des conférences.
Votre affectionné, Louis.»
Le roi relut la lettre, puis il la scella lui-même.
— Cette lettre à M. le cardinal, dit-il.
Le gentilhomme partit. À la porte de Mazarin, il rencontra Bernouin qui attendait avec anxiété.
— Eh bien? demanda le valet de chambre du ministre.
— Monsieur, dit le gentilhomme, voici une lettre pour Son Éminence.