— Lorsque le roi votre père monta sur l’échafaud, ou plutôt passa de sa chambre à l’échafaud dressé hors de sa fenêtre, tout avait été pratiqué pour sa fuite. Le bourreau avait été écarté, un trou préparé sous le plancher de son appartement, enfin moi-même j’étais sous la voûte funèbre que j’entendis tout à coup craquer sous ses pas.

— Parry m’a raconté ces terribles détails, monsieur. Athos s’inclina et reprit:

— Voici ce qu’il n’a pu vous raconter, Sire, car ce qui suit, s’est passé entre Dieu, votre père et moi, et jamais la révélation n’en a été faite, même à mes plus chers amis:

«— Éloigne-toi, dit l’auguste patient au bourreau masqué, ce n’est que pour un instant, et je sais que je t’appartiens; mais souviens-toi de ne frapper qu’à mon signal. Je veux faire librement ma prière.

— Pardon, dit Charles II en pâlissant; mais vous, comte, qui savez tant de détails sur ce funeste événement, de détails qui, comme vous le disiez tout à l’heure, n’ont été révélés à personne, savez-vous le nom de ce bourreau infernal, de ce lâche, qui cacha son visage pour assassiner impunément un roi?

Athos pâlit légèrement.

— Son nom? dit-il; oui, je le sais, mais je ne puis le dire.

— Et ce qu’il est devenu?... car personne en Angleterre n’a connu sa destinée.

— Il est mort.

— Mais pas mort dans son lit, pas mort d’une mort calme et douce, pas de la mort des honnêtes gens?