— Si cela plaît à Votre Majesté, dit Athos en saluant le roi, oui, j’irai, Sire.
— Vous si heureux ici, comte!
— Je ne suis jamais heureux, Sire, tant qu’il me reste un devoir à accomplir, et c’est un devoir suprême que m’a légué le roi votre père de veiller sur votre fortune et de faire un emploi royal de son argent. Ainsi, que Votre Majesté me fasse un signe, et je pars avec elle.
— Ah! monsieur, dit le roi, oubliant toute étiquette royale et se jetant au cou d’Athos, vous me prouvez qu’il y a un Dieu au ciel, et que ce Dieu envoie parfois des messagers aux malheureux qui gémissent sur cette terre.
Athos, tout ému de cet élan du jeune homme, le remercia avec un profond respect, et s’approchant de la fenêtre:
— Grimaud, dit-il, mes chevaux.
— Comment! ainsi, tout de suite? dit le roi. Ah! monsieur, vous êtes, en vérité, un homme merveilleux.
— Sire! dit Athos, je ne connais rien de plus pressé que le service de Votre Majesté. D’ailleurs, ajouta-t-il en souriant, c’est une habitude contractée depuis longtemps au service de la reine votre tante et au service du roi votre père. Comment la perdrais-je précisément à l’heure où il s’agit du service de Votre Majesté?
— Quel homme! murmura le roi.
Puis, après un instant de réflexion: