— Voyons, tu sais que je ne suis pas curieux... J’ai absolument affaire à ton maître... ne peux-tu... par un petit bout de mot... toi qui parles si bien, me faire comprendre... Une syllabe, seulement... je devinerai le reste.

— Sur ma parole, monsieur, je ne le pourrais... J’ignore absolument le but du voyage de Monsieur... Quant à écouter aux portes, cela m’est antipathique, et d’ailleurs, c’est défendu ici.

— Mon cher, dit d’Artagnan, voilà un mauvais commencement pour moi. N’importe, tu sais l’époque du retour du comte au moins?

— Aussi peu, monsieur, que sa destination.

— Allons, Blaisois, allons, cherche.

— Monsieur doute de ma sincérité! Ah! Monsieur me chagrine bien sensiblement!

— Que le diable emporte sa langue dorée! grommela d’Artagnan. Qu’un rustaud vaut mieux avec une parole!... Adieu!

— Monsieur, j’ai l’honneur de vous présenter mes respects.

«Cuistre! se dit d’Artagnan. Le drôle est insupportable.»

Il donna un dernier coup d’œil à la maison, fit tourner son cheval, et partit comme un homme qui n’a rien dans l’esprit de fâcheux ou d’embarrassé.