— Plaît-il? fit d’Artagnan.

Bazin répéta sa phrase.

— Ah çà! mais, Aramis a un diocèse?

— Oui, monsieur. Pourquoi pas?

— Il est donc évêque?

— Mais d’où sortez-vous donc, dit Bazin assez irrévérencieusement, que vous ignoriez cela?

— Mon cher Bazin, nous autres païens, nous autres gens d’épée, nous savons bien qu’un homme est colonel, ou mestre de camp, ou maréchal de France; mais qu’il soit évêque, archevêque ou pape... diable m’emporte! si la nouvelle nous en arrive avant que les trois quarts de la terre en aient fait leur profit.

— Chut! chut! dit Bazin avec de gros yeux, n’allez pas me gâter ces enfants, à qui je tâche d’inculquer de si bons principes.

Les enfants avaient en effet tourné autour de d’Artagnan, dont ils admiraient le cheval, la grande épée, les éperons et l’air martial. Ils admiraient surtout sa grosse voix; en sorte que, lorsqu’il accentua son juron, toute l’école s’écria: «Diable m’emporte!» avec un bruit effroyable de rires, de joies et de trépignements qui combla d’aise le mousquetaire et fit perdre la tête au vieux pédagogue.

— Là! dit-il, taisez-vous donc, marmailles!... Là... vous voilà arrivé, monsieur d’Artagnan, et tous mes bons principes s’envolent... Enfin, avec vous, comme d’habitude, le désordre ici... Babel est retrouvée!... Ah! bon Dieu! ah! les enragés!