— Qui vaut mieux, répliqua Bazin du plus grand sang-froid du monde.
— Ah! fit d’Artagnan.
Peut-être allait-il prolonger la discussion et soutenir la suprématie du Louvre; mais le lieutenant s’était aperçu que son cheval était demeuré attaché aux barreaux d’une porte.
— Diable! dit-il, fais donc soigner mon cheval. Ton maître l’évêque n’en a pas comme celui-là dans ses écuries.
Bazin donna un coup d’œil oblique au cheval et répondit:
— M. le surintendant en a donné quatre de ses écuries, et un seul de ces quatre en vaut quatre comme le vôtre.
Le sang monta au visage de d’Artagnan. La main lui démangeait, et il contemplait sur la tête de Bazin la place où son poing allait tomber. Mais cet éclair passa. La réflexion vint, et d’Artagnan se contenta de dire:
— Diable! diable! j’ai bien fait de quitter le service du roi. Dites-moi, digne Bazin, ajouta-t-il, combien M. le surintendant a-t-il de mousquetaires?
— Il aura tous ceux du royaume avec son argent, répliqua Bazin en fermant son livre et en congédiant les enfants à grands coups de férule.
— Diable! diable! dit une dernière fois d’Artagnan.