Une société au capital de quarante mille livres est formée à l’effet d’exploiter une idée apportée par M. d’Artagnan. Le sieur Planchet, qui connaît cette idée et qui l’approuve en tous points, versera vingt mille livres entre les mains de M. d’Artagnan. Il n’en exigera ni remboursement ni intérêt avant le retour d’un voyage que M. d’Artagnan va faire en Angleterre.

De son côté, M. d’Artagnan s’engage à verser vingt mille livres qu’il joindra aux vingt mille déjà versées par le sieur Planchet. Il usera de ladite somme de quarante mille livres comme bon lui semblera, s’engageant toutefois à une chose qui va être énoncée ci-dessous.

Le jour où M. d’Artagnan aura rétabli par un moyen quelconque Sa Majesté le roi Charles II sur le trône d’Angleterre, il versera entre les mains de M. Planchet la somme de...»

— La somme de cent cinquante mille livres, dit naïvement Planchet voyant que d’Artagnan s’arrêtait.

— Ah! diable! non, dit d’Artagnan, le partage ne peut pas se faire par moitié, ce ne serait pas juste.

— Cependant, monsieur, nous mettons moitié chacun, objecta timidement Planchet.

— Oui, mais écoute la clause, mon cher Planchet, et si tu ne la trouves pas équitable en tout point quand elle sera écrite, eh bien! nous la rayerons.

Et d’Artagnan écrivit:

«Toutefois, comme M. d’Artagnan apporte à l’association, outre le capital de vingt mille livres, son temps, son idée, son industrie et sa peau, choses qu’il apprécie fort, surtout cette dernière, M. d’Artagnan gardera, sur les trois cent mille livres, deux cent mille livres pour lui, ce qui portera sa part aux deux tiers.»

— Très bien, dit Planchet.