— Oui, monsieur.

— Coupe cet arbre, alors.

Le pêcheur obéit, mais non sans que son coutelas en fût ébréché. Lorsque le frêne fut arraché, façonné en forme de levier, les trois hommes pénétrèrent dans le souterrain.

— Arrête-toi là, dit Monck au pêcheur en lui désignant un coin du caveau; nous avons de la poudre à déterrer, et ton falot serait dangereux.

L’homme se recula avec une sorte de terreur et garda fidèlement le poste qu’on lui avait assigné, tandis que Monck et Athos tournaient derrière une colonne au pied de laquelle, par un soupirail, pénétrait un rayon de lune reflété précisément par la pierre que le comte de La Fère venait chercher de si loin.

— Nous y voici, dit Athos en montrant au général l’inscription latine.

— Oui, dit Monck.

Puis, comme il voulait encore laisser au Français un moyen évasif:

— Ne remarquez-vous pas, continua-t-il, que l’on a déjà pénétré dans ce caveau, et que plusieurs statues ont été brisées?

— Milord, vous avez sans doute entendu dire que le respect religieux de vos Écossais aime à donner en garde aux statues des morts les objets précieux qu’ils ont pu posséder pendant leur vie. Ainsi les soldats ont dû penser que sous le piédestal des statues qui ornaient la plupart de ces tombes un trésor était enfoui; ils ont donc brisé piédestal et statue. Mais la tombe du vénérable chanoine à qui nous avons affaire ne se distingue par aucun monument; elle est simple, puis elle a été protégée par la crainte superstitieuse que vos puritains ont toujours eue du sacrilège; pas un morceau de cette tombe n’a été écaillé.