— Mais le roi dort, mon cher monsieur.
— Mordioux! réveillez-le, et il ne vous grondera pas de l’avoir dérangé, c’est moi qui vous le dis.
— Vous venez de la part du comte, n’est-ce-pas?
— De quel comte?
— Du comte de La Fère.
— De la part d’Athos? Ma foi, non; je viens de ma part à moi. Allons, vite, Parry, le roi! il me faut le roi!
Parry ne crut pas devoir résister plus longtemps; il connaissait d’Artagnan de longue main; il savait que, quoique gascon, ses paroles ne promettaient jamais plus qu’elles ne pouvaient tenir. Il traversa une cour et un petit jardin, apaisa le chien, qui voulait sérieusement goûter du mousquetaire, et alla heurter au volet d’une chambre faisant le rez-de-chaussée d’un petit pavillon. Aussitôt un petit chien habitant cette chambre répondit au grand chien habitant la cour.
«Pauvre roi! se dit d’Artagnan, voilà ses gardes du corps; il est vrai qu’il n’en est pas plus mal gardé pour cela.»
— Que veut-on? demanda le roi du fond de la chambre.
— Sire, c’est M. le chevalier d’Artagnan qui apporte des nouvelles.