— Foi de gentilhomme, je n’en sais rien, répondit simplement Athos.
— Allons donc! vous n’en savez rien?
— Non, je n’ai pas revu le roi depuis Douvres.
— Alors, c’est qu’il vous a oublié aussi, mordioux! c’est régalant!
— Sa Majesté a eu tant d’affaires!
— Oh! s’écria d’Artagnan avec une de ces spirituelles grimaces comme lui seul savait en faire, voilà, sur mon honneur, que je me reprends d’amour pour monsignor Giulio Mazarini. Comment! mon cher Athos, le roi ne vous a pas revu?
— Non.
— Et vous n’êtes pas furieux?
— Moi! pourquoi? Est-ce que vous vous figurez, mon cher d’Artagnan, que c’est pour le roi que j’ai agi de la sorte? Je ne le connais pas, ce jeune homme. J’ai défendu le père, qui représentait un principe sacré pour moi, et je me suis laissé aller vers le fils toujours par sympathie pour ce même principe. Au reste, c’était un digne chevalier, une noble créature mortelle, que ce père, vous vous le rappelez.
— C’est vrai, un brave et excellent homme, qui fit une triste vie, mais une bien belle mort.