— Monsieur d’Artagnan, dit-il en entrant dans son cabinet, je suis aise de vous revoir.
— Sire, ma joie est au comble de saluer Votre Majesté dans son palais de Saint-James.
— Monsieur, vous m’avez voulu rendre un bien grand service, et je vous dois de la reconnaissance. Si je ne craignais pas d’empiéter sur les droits de notre commandant général, je vous offrirais quelque poste digne de vous près de notre personne.
— Sire, répliqua d’Artagnan, j’ai quitté le service du roi de France en faisant à mon prince la promesse de ne servir aucun roi.
— Allons, dit Charles, voilà qui me rend très malheureux, j’eusse aimé à faire beaucoup pour vous, vous me plaisez.
— Sire...
— Voyons, dit Charles avec un sourire, ne puis-je vous faire manquer à votre parole? Duc, aidez-moi. Si l’on vous offrait, c’est-à-dire si je vous offrais, moi, le commandement général de mes mousquetaires?
D’Artagnan s’inclinant plus bas que la première fois:
— J’aurais le regret de refuser ce que Votre Gracieuse Majesté m’offrirait, dit-il; un gentilhomme n’a que sa parole, et cette parole, j’ai eu l’honneur de le dire à Votre Majesté, est engagée au roi de France.
— N’en parlons donc plus, dit le roi en se tournant vers Athos.