— Monsieur, j’ignorais absolument, lorsque j’entrai au château, que Mlle de La Vallière pût s’y trouver; c’est seulement en m’en retournant, après ma mission achevée, que le hasard nous a mis en présence. J’ai eu l’honneur de lui présenter mes respects.

— Comment s’appelle le hasard qui vous a réuni à Mlle de La Vallière?

— Mlle de Montalais, monsieur.

— Qu’est-ce que Mlle de Montalais?

— Une jeune personne que je ne connaissais pas, que je n’avais jamais vue. Elle est fille d’honneur de Madame.

— Monsieur le vicomte, je ne pousserai pas plus loin mon interrogatoire, que je me reproche déjà d’avoir fait durer. Je vous avais recommandé d’éviter Mlle de La Vallière, et de ne la voir qu’avec mon autorisation. Oh! je sais que vous m’avez dit vrai, et que vous n’avez pas fait une démarche pour vous rapprocher d’elle. Le hasard m’a fait du tort; je n’ai pas à vous accuser. Je me contenterai donc de ce que je vous ai déjà dit concernant cette demoiselle. Je ne lui reproche rien, Dieu m’en est témoin; seulement il n’entre pas dans mes desseins que vous fréquentiez sa maison. Je vous prie encore une fois, mon cher Raoul, de l’avoir pour entendu. On eût dit que l’œil si limpide et si pur de Raoul se troublait à cette parole.

— Maintenant, mon ami, continua le comte avec son doux sourire et sa voix habituelle, parlons d’autre chose. Vous retournez peut-être à votre service?

— Non, monsieur, je n’ai plus qu’à demeurer auprès de vous tout aujourd’hui. M. le prince ne m’a heureusement fixé d’autre devoir que celui-là, qui était si bien d’accord avec mes désirs.

— Le roi se porte bien?

— À merveille.