Il le retrouva en effet, donna cinquante de ces beaux écus à chacun, et reçut autant de bénédictions qu’il avait donné de pièces.

— Maintenant, dit-il, s’il vous était possible de vous ranger un peu, si vous deveniez de bons et honnêtes bourgeois...

— C’est bien difficile, dit un des assistants.

— Mais pourquoi cela capitaine? dit un autre.

— C’est parce que je vous aurais retrouvés, et, qui sait? rafraîchis de temps en temps par quelque aubaine...

Il fit signe à Menneville, qui écoutait tout cela d’un air composé.

— Menneville, dit-il, venez avec moi. Adieu mes braves; je ne vous recommande pas d’être discrets.

Menneville le suivit, tandis que les salutations des auxiliaires se mêlaient au doux bruit de l’or tintant dans leurs poches.

— Menneville, dit d’Artagnan une fois dans la rue, vous n’êtes pas dupe, prenez garde de le devenir; vous ne me faites pas l’effet d’avoir peur des potences de Monck ni de la Bastille de Sa Majesté le roi Louis XIV, mais vous me ferez bien la grâce d’avoir peur de moi. Eh bien! écoutez: Au moindre mot qui vous échapperait, je vous tuerais comme un poulet. J’ai déjà dans ma poche l’absolution de notre Saint-Père le pape.

— Je vous assure que je ne sais absolument rien, mon cher monsieur d’Artagnan, et que toutes vos paroles sont pour moi articles de foi.