Toute l’assemblée, voyant sourire Mazarin, se mit à rire.
On flatte les rois avec le souvenir d’une détresse passée, comme avec l’espoir d’une fortune future.
— Toujours est-il que la couronne de France a toujours bien tenu sur la tête des rois, se hâta d’ajouter Anne d’Autriche, et qu’elle est tombée de celle du roi d’Angleterre; et lorsque par hasard cette couronne oscillait un peu, car il y a parfois des tremblements de trône, comme il y a des tremblements de terre, chaque fois, dis-je, que la rébellion menaçait, une bonne victoire ramenait la tranquillité.
— Avec quelques fleurons de plus à la couronne, dit Mazarin.
Le comte de Guiche se tut; le roi composa son visage, et Mazarin échangea un regard avec Anne d’Autriche comme pour la remercier de son intervention.
— Il n’importe, dit Philippe en lissant ses cheveux, mon cousin Charles n’est pas beau, mais il est très brave et s’est battu comme un reître, et s’il continue à se battre ainsi, nul doute qu’il ne finisse par gagner une bataille!... comme Rocroy...
— Il n’a pas de soldats, interrompit le chevalier de Lorraine.
— Le roi de Hollande, son allié, lui en donnera. Moi, je lui en eusse bien donné, si j’eusse été roi de France.
Louis XIV rougit excessivement.
Mazarin affecta de regarder son jeu avec plus d’attention que jamais.