— Monseigneur...
— Pour hériter, oui, Colbert; oui, il désire ma mort pour hériter. Triple sot que je suis! je le préviendrais!
— Précisément. Si la donation est faite dans une certaine forme, il refusera.
— Allons donc!
— C’est positif. Un jeune homme qui n’a rien fait, qui brûle de devenir illustre, qui brûle de régner seul, ne prendra rien de bâti; il voudra construire lui-même. Ce prince-là, monseigneur, ne se contentera pas du Palais-Royal que M. de Richelieu lui a légué, ni du palais Mazarin que vous avez si superbement fait construire, ni du Louvre que ses ancêtres ont habité, ni de Saint-Germain où il est né. Tout ce qui ne procédera pas de lui, il le dédaignera, je le prédis.
— Et vous garantissez que si je donne mes quarante millions au roi...
— En lui disant de certaines choses, je garantis qu’il refusera.
— Ces choses... sont?
— Je les écrirai, si Monseigneur veut me les dicter.
— Mais enfin, quel avantage pour moi?