Aussitôt, il donna l’ordre que l’on répandît en tout lieu et tout de suite le bruit d’une crise heureuse.

Le roi, à cette nouvelle, sentit passer comme une sueur froide sur son front: il avait entrevu le jour de la liberté, l’esclavage lui paraissait plus sombre, et moins acceptable que jamais.

Mais le bulletin qui suivit changea entièrement la face des choses.

Mazarin ne respirait plus du tout, et suivait à peine les prières que le curé de Saint-Nicolas-des-Champs récitait auprès de lui. Le roi se remit à marcher avec agitation dans sa chambre, et à consulter, tout en marchant, plusieurs papiers tirés d’une cassette, dont seul il avait la clef.

Une troisième fois la nourrice retourna. M. de Mazarin venait de faire un jeu de mots et d’ordonner que l’on revernît sa Flore du Titien.

Enfin, vers deux heures et demie du matin, le roi ne put résister à l’accablement; depuis vingt-quatre heures, il ne dormait pas.

Le sommeil, si puissant à son âge, s’empara donc de lui et le terrassa pendant une heure environ.

Mais il ne se coucha point pendant cette heure; il dormit sur son fauteuil.

Vers quatre heures, la nourrice, en rentrant dans la chambre, le réveilla.

— Eh bien? demanda le roi.