— Qui vous a dit, Raoul, que mon voyage fut dangereux? répliqua le comte en déposant son manteau et son chapeau dans les mains de Grimaud, qui venait de lui dégrafer l’épée.
— Moi, dit Grimaud.
— Et pourquoi cela? fit sévèrement Athos.
Grimaud s’embarrassait; Raoul le prévint en répondant pour lui.
— Il est naturel, monsieur, que ce bon Grimaud me dise la vérité sur ce qui vous concerne. Par qui serez-vous aimé, soutenu, si ce n’est par moi?
Athos ne répliqua point. Il fit un geste amical qui éloigna Grimaud, puis s’assit dans un fauteuil, tandis que Raoul demeurait debout devant lui.
— Toujours est-il, continua Raoul, que votre voyage était une expédition... et que le fer, le feu vous ont menacé.
— Ne parlons plus de cela, vicomte, dit doucement Athos; je suis parti vite, c’est vrai; mais le service du roi Charles II exigeait ce prompt départ. Quant à votre inquiétude, je vous en remercie, et je sais que je puis compter sur vous... Vous n’avez manqué de rien, vicomte, en mon absence?
— Non, monsieur, merci.
— J’avais ordonné à Blaisois de vous faire compter cent pistoles au premier besoin d’argent.