— Oh! monsieur, s’écria Cropole, honteux de l’infériorité subite que lui rétorquait l’inconnu par cet abandon si noble et si désintéressé, comme aussi par cette inaltérable patience envers tant de chicanes et de soupçons; oh! monsieur, j’espère bien qu’on ne vole pas à Blois comme vous le paraissez croire, et le diamant s’élevant à ce que vous dites...

L’inconnu foudroya encore une fois Cropole de son regard azuré.

— Je ne m’y connais pas, monsieur, croyez-le bien, s’écria celui-ci.

— Mais les joailliers s’y connaissent, interrogez-les, dit l’inconnu. Maintenant, je crois que nos comptes sont terminés, n’est-il pas vrai, monsieur l’hôte?

— Oui, monsieur, et à mon regret profond, car j’ai peur d’avoir offensé Monsieur.

— Nullement, répliqua l’inconnu avec la majesté de la toute puissance.

— Ou d’avoir paru écorcher un noble voyageur... Faites la part, monsieur, de la nécessité.

— N’en parlons plus, vous dis-je, et veuillez me laisser chez moi.

Cropole s’inclina profondément et partit avec un air égaré qui accusait chez lui un cœur excellent et du remords véritable. L’inconnu alla fermer lui-même la porte, regarda, quand il fut seul, le fond de sa bourse, où il avait pris un petit sac de soie renfermant le diamant, sa ressource unique.

Il interrogea aussi le vide de ses poches, regarda les papiers de son portefeuille et se convainquit de l’absolu dénuement où il allait se trouver.