— Reprochez-moi donc mon bien-être, dit-elle. En aurez-vous le cœur? Vous avez un avenir, vous; vous êtes de la cour; le roi, s’il se marie, appellera Monsieur près de lui; vous verrez des fêtes splendides, vous verrez le roi, qu’on dit si beau, si charmant.
— Et de plus je verrai Raoul, qui est près de M. le prince, ajouta malignement Montalais.
— Pauvre Raoul! soupira Louise.
— Voilà le moment de lui écrire, chère belle; allons, recommençons ce fameux Monsieur Raoul, qui brillait en tête de la feuille déchirée.
Alors elle lui tendit la plume, et, avec un sourire charmant, encouragea sa main, qui traça vite les mots désignés.
— Maintenant? demanda la plus jeune des deux jeunes filles.
— Maintenant, écrivez ce que vous pensez, Louise, répondit Montalais.
— Êtes-vous bien sûre que je pense quelque chose?
— Vous pensez à quelqu’un, ce qui revient au même, ou plutôt ce qui est bien pis.
— Vous croyez, Montalais?