— Oui, vous me semblez avoir de la mémoire.
— Presque autant que Votre Majesté.
— Alors, donnez-moi vite une solution... Mon temps est cher. Que faites vous depuis votre congé?
— Ma fortune, Sire.
— Le mot est dur, monsieur d’Artagnan.
— Votre Majesté le prend en mauvaise part, certainement. Je n’ai pour le roi qu’un profond respect, et, fussé-je impoli, ce qui peut s’excuser par ma longue habitude des camps et des casernes, Sa Majesté est trop au-dessus de moi pour s’offenser d’un mot échappé innocemment à un soldat.
— En effet, je sais que vous avez fait une action d’éclat en Angleterre, monsieur. Je regrette seulement que vous ayez manqué à votre promesse.
— Moi? s’écria d’Artagnan.
— Sans doute... Vous m’aviez engagé votre foi de ne servir aucun prince en quittant mon service... Or, c’est pour le roi Charles II que vous avez travaillé à l’enlèvement merveilleux de M. Monck.
— Pardonnez-moi, Sire, c’est pour moi.