— Même à ce que je viens de vous dire?

— Écoutez: «Soumettez-vous à ceux qui gouvernent mal...» Oh! c’est écrit: Cacos politeuousi... Vous m’accordez le texte?

— Pardieu! je le crois bien. Savez-vous que vous parlez grec comme Ésope, mon cher La Fontaine?

— Est-ce une méchanceté, mon cher Conrart?

— Dieu m’en garde!

— Alors, revenons à M. Fouquet. Que nous répétait-il toute la journée? N’est-ce pas ceci: «Quel cuistre que ce Mazarin! quel âne! quelle sangsue! Il faut pourtant obéir à ce drôle!...» Voyons, Conrart, le disait-il ou ne le disait-il pas?

— J’avoue qu’il le disait, et même peut-être un peu trop.

— Comme Épicure, mon ami, toujours comme Épicure; je le répète, nous sommes épicuriens, et c’est fort amusant.

— Oui, mais j’ai peur qu’il ne s’élève, à côté de nous, une secte comme celle d’Épictète; vous savez bien, le philosophe d’Hiérapolis, celui qui appelait le pain du luxe, les légumes de la prodigalité et l’eau claire de l’ivrognerie; celui qui, battu par son maître, lui disait en grognant un peu, c’est vrai, mais sans se fâcher autrement: «Gageons que vous m’avez cassé la jambe?» et qui gagnait son pari.

— C’était un oison que cet Épictète.