Fouquet et Pellisson ne prirent garde à cet événement que pour déplorer la minute de retard qu’ils eurent à subir. Ils entrèrent chez le concierge du palais cinq minutes après.
Cet officier se promenait encore dans la première cour. Au nom de Fouquet, prononcé à son oreille par Pellisson, le gouverneur s’approcha du carrosse avec empressement, et, le chapeau à la main, multiplia les révérences.
— Quel honneur pour moi, monseigneur! dit-il.
— Un mot, monsieur le gouverneur. Voulez-vous prendre la peine d’entrer dans mon carrosse?
L’officier vint s’asseoir en face de Fouquet dans la lourde voiture.
— Monsieur, dit Fouquet, j’ai un service à vous demander.
— Parlez, monseigneur.
— Service compromettant pour vous, monsieur, mais qui vous assure à jamais ma protection et mon amitié.
— Fallût-il me jeter au feu pour vous, monseigneur, je le ferais.
— Bien, dit Fouquet; ce que je vous demande est plus simple.