Chapitre LX — Plan de bataille

La nuit était déjà avancée quand l’abbé Fouquet arriva près de son frère.

Gourville l’avait accompagné. Ces trois hommes, pâles des événements futurs, ressemblaient moins à trois puissants du jour qu’à trois conspirateurs unis par une même pensée de violence.

Fouquet se promena longtemps, l’œil fixé sur le parquet, les mains froissées l’une contre l’autre.

Enfin, prenant son courage au milieu d’un grand soupir:

— L’abbé, dit-il, vous m’avez parlé aujourd’hui même de certaines gens que vous entretenez?

— Oui, monsieur, répliqua l’abbé.

— Au juste, qui sont ces gens?

L’abbé hésitait.

— Voyons! pas de crainte, je ne menace pas; pas de forfanterie, je ne plaisante pas.