— Chose convenue que vous brûlerez ma maison? vocifère d’Artagnan en arrachant le tison des mains de l’incendiaire et le lui portant au visage.

Le second veut porter secours à son camarade; mais Raoul le saisit, l’enlève et le jette par la fenêtre, tandis que d’Artagnan pousse son compagnon par les degrés. Raoul, le premier libre, arrache les lambris qu’il jette tout fumants par la chambre.

D’un coup d’œil, d’Artagnan voit qu’il n’y a plus rien à craindre pour l’incendie et court à la fenêtre.

Le désordre est à son comble. On crie à la fois: — Au feu! au meurtre! à la hart! au bûcher! vive Colbert et vive le roi!

Le groupe qui arrache les patients aux mains des archers s’est rapproché de la maison, qui semble le but vers lequel on les entraîne. Menneville est à la tête du groupe criant plus haut que personne: — Au feu! au feu! vive Colbert!

D’Artagnan commence à comprendre. On veut brûler les condamnés, et sa maison est le bûcher qu’on leur prépare.

— Halte-là! cria-t-il l’épée à la main et un pied sur la fenêtre. Menneville, que voulez-vous?

— Monsieur d’Artagnan, s’écrie celui-ci, passage, passage!

— Au feu! au feu, les voleurs! vive Colbert! crie la foule.

Ces cris exaspérèrent d’Artagnan.