— Monsieur, se hâta de dire d’Artagnan, l’hôte me monte une jolie volaille rôtie et un superbe tourteau.

D’Artagnan avait lu dans le regard de son compagnon, si rapide qu’il eût été, la crainte d’une attaque par un parasite. Il avait deviné juste: à cette ouverture, les traits de l’homme aux dehors modestes se déridèrent.

En effet comme s’il eût guetté son entrée, l’hôte parut aussitôt, portant les mets annoncés.

Le tourteau et la sarcelle étant ajoutés au morceau de lard grillé, d’Artagnan et son convive se saluèrent, s’assirent face à face, et comme deux frères firent le partage du lard et des autres plats.

— Monsieur, dit d’Artagnan, avouez que c’est une merveilleuse chose que l’association.

— Pourquoi? demanda l’étranger la bouche pleine.

— Eh bien! je vais vous le dire, répondit d’Artagnan.

L’étranger donna trêve aux mouvements de ses mâchoires pour mieux écouter.

— D’abord, continua d’Artagnan, au lieu d’une chandelle que nous avions chacun, en voici deux.

— C’est vrai, dit l’étranger, frappé de l’extrême justesse de l’observation.