— Expliquez-moi cela, je vous prie, mon bonhomme. Il me semble à moi que venir de Paimbœuf à Piriac, pour aller de Piriac à Belle-Île, c’est comme si on allait de La Roche-Bernard à Nantes et de Nantes à Piriac.

— Par eau, ce serait plus court, répliqua imperturbablement le pêcheur.

— Mais il y a un coude?

Le pêcheur secoua la tête.

— Le chemin le plus court d’un point à un autre, c’est la ligne droite, poursuivit d’Artagnan.

— Vous oubliez le flot, monsieur.

— Soit! va pour le flot.

— Et le vent.

— Ah! bon!

— Sans doute; le courant de la Loire pousse presque les barques jusqu’au Croisic. Si elles ont besoin de se radouber un peu ou de rafraîchir l’équipage, elles viennent à Piriac en longeant la côte; de Piriac, elles trouvent un autre courant inverse qui les mène à l’île Dumet, deux lieues et demie.