— Qu’est-ce que M. Boulingrin?
— Voilà justement. Si quand ce monsieur se promène une règle à la main, quelqu’un me demande: «Qu’est-ce que M. Boulingrin?» je réponds: «C’est l’architecte de la maison.» Eh bien! M. Gétard est le Boulingrin de M. Fouquet. Mais il n’a rien à voir aux fortifications, qui me regardent seul, entendez-vous bien? rien, absolument.
— Ah! Porthos, s’écria d’Artagnan en laissant tomber ses bras comme un vaincu qui rend son épée; ah! mon ami, vous n’êtes pas seulement un topographe herculéen, vous êtes encore un dialecticien de première trempe.
— N’est-ce pas, répondit Porthos, que c’est puissamment raisonné?
Et il souffla comme le congre que d’Artagnan avait laissé échapper le matin.
— Et maintenant, continua d’Artagnan, ce maraud qui accompagne M. Gétard est-il aussi de la maison de M. Fouquet?
— Oh! fit Porthos avec mépris, c’est un M. Jupenet ou Juponet, une espèce de poète.
— Qui vient s’établir ici?
— Je crois que oui.
— Je pensais que M. Fouquet avait bien assez de poètes là-bas: Scudéry, Loret, Pellisson, La Fontaine. S’il faut que je vous dise la vérité, Porthos, ce poète-là vous déshonore.