Louis retrouva le roi d’Angleterre assis à la même place où il l’avait laissé.

En l’apercevant, le prince anglais se leva; mais du premier coup d’œil il vit le découragement écrit en lettres sombres sur le front de son cousin.

Alors, prenant la parole le premier, comme pour faciliter à Louis l’aveu pénible qu’il avait à lui faire:

— Quoi qu’il en soit, dit-il, je n’oublierai jamais toute la bonté, toute l’amitié dont vous avez fait preuve à mon égard.

— Hélas! répliqua sourdement Louis XIV, bonne volonté stérile, mon frère!

Charles II devint extrêmement pâle, passa une main froide sur son front, et lutta quelques instants contre un éblouissement qui le fit chanceler.

— Je comprends, dit-il enfin, plus d’espoir!

Louis saisit la main de Charles II.

— Attendez, mon frère, dit-il, ne précipitez rien, tout peut changer; ce sont les résolutions extrêmes qui ruinent les causes; ajoutez, je vous en supplie, une année d’épreuve encore aux années que vous avez déjà subies. Il n’y a, pour vous décider à agir en ce moment plutôt qu’en un autre, ni occasion ni opportunité; venez avec moi, mon frère, je vous donnerai une de mes résidences, celle qu’il vous plaira d’habiter; j’aurai l’œil avec vous sur les événements, nous les préparerons ensemble; allons, mon frère, du courage!

Charles II dégagea sa main de celle du roi, et se reculant pour le saluer avec plus de cérémonie: