— Quelque chose, Philippe?… Vous avez des mots d’un vague effrayant… Quelque chose, et de quelle sorte est-ce quelque chose?
— Madame est jolie, enfin.
— Mais oui.
— Cependant ce n’est point une beauté.
— Non; mais, en grandissant, elle peut singulièrement embellir encore. Vous avez bien vu les changements que quelques années déjà ont apportés sur son visage. Eh bien! elle se développera de plus en plus, elle n’a que seize ans. À quinze ans, moi aussi, j’étais fort maigre; mais enfin, telle qu’elle est, Madame est jolie.
— Par conséquent, on peut l’avoir remarquée.
— Sans doute, on remarque une femme ordinaire, à plus forte raison une princesse.
— Elle a été bien élevée, n’est-ce pas, madame?
— Madame Henriette, sa mère, est une femme un peu froide, un peu prétentieuse, mais une femme pleine de beaux sentiments. L’éducation de la jeune princesse peut avoir été négligée, mais, quant aux principes, je les crois bons; telle était du moins mon opinion sur elle lors de son séjour en France; depuis, elle est retournée en Angleterre, et je ne sais ce qui s’est passé.
— Que voulez-vous dire?