— Et moi, quelque chose que vous sachiez, je vous exhorte à la patience.
— Je ne suis point patient, madame.
La reine se leva pleine de roideur et de cérémonie glacée.
— Alors expliquez vos volontés, dit-elle.
— Je n’ai point de volonté, madame; mais j’exprime des désirs. Si, de lui-même, M. de Buckingham ne s’écarte point de ma maison, je la lui interdirai.
— Ceci est une question dont nous référerons au roi, dit Anne d’Autriche le cœur gonflé, la voix émue.
— Mais, madame, s’écria Philippe en frappant ses mains l’une contre l’autre, soyez ma mère et non la reine, puisque je vous parle en fils; entre M. de Buckingham et moi, c’est l’affaire d’un entretien de quatre minutes.
— C’est justement cet entretien que je vous interdis, monsieur, dit la reine reprenant son autorité; ce n’est pas digne de vous.
— Eh bien! soit! je ne paraîtrai pas, mais j’intimerai mes volontés à Madame.
— Oh! fit Anne d’Autriche avec la mélancolie du souvenir, ne tyrannisez jamais une femme, mon fils; ne commandez jamais trop haut impérativement à la vôtre. Femme vaincue n’est pas toujours convaincue.