Les yeux de Raoul étincelèrent.

— Oh! s’écria-t-il en s’élançant, monsieur le chevalier, monsieur le chevalier, c’est une affaire qui m’est personnelle.

De Wardes sourit méchamment.

D’Artagnan repoussa Raoul du bras.

— Ne m’interrompez pas, jeune homme, dit-il.

Et dominant de Wardes du regard:

— Je traite ici une question qui ne se résout point par l’épée, continua-t-il. Je la traite devant des hommes d’honneur, qui tous ont mis plus d’une fois l’épée à la main. Je les ai choisis exprès. Or, ces messieurs savent que tout secret pour lequel on se bat cesse d’être un secret. Je réitère donc ma question à M. de Wardes: À quel propos avez-vous offensé ce jeune homme en offensant à la fois son père et sa mère?

— Mais il me semble, dit de Wardes, que les paroles sont libres, quand on offre de les soutenir par tous les moyens qui sont à la disposition d’un galant homme.

— Ah! monsieur, quels sont les moyens, dites-moi, à l’aide desquels un galant homme peut soutenir une méchante parole?

— Par l’épée.