Cependant les courtisans n’avaient pas osé applaudir sur le passage de cet astre dans la crainte de déplaire au roi, à qui cet astre avait autrefois déplu.
Voilà ce qui se passait, dans cette mémorable soirée, au jeu du roi.
La jeune reine, quoique Espagnole et nièce d’Anne d’Autriche, aimait le roi et ne savait pas dissimuler.
Anne d’Autriche, observatrice, comme toute femme et impérieuse comme toute reine, sentit la puissance de Madame et s’inclina tout aussitôt.
Ce qui détermina la jeune reine à lever le siège et à rentrer chez elle.
À peine le roi fit-il attention à ce départ, malgré les symptômes affectés d’indisposition qui l’accompagnaient.
Fort des lois de l’étiquette qu’il commençait à introduire chez lui comme élément de toute relation, Louis XIV ne s’émut point; il offrit la main à Madame sans regarder Monsieur, son frère, et conduisit la jeune princesse jusqu’à la porte de son appartement.
On remarqua que, sur le seuil de la porte, Sa Majesté, libre de toute contrainte ou moins forte que la situation, laissa échapper un énorme soupir.
Les femmes, car elles remarquent tout, Mlle de Montalais, par exemple, ne manquèrent pas de dire à leurs compagnes:
— Le roi a soupiré.