— Ah! c’est vrai!
— Eh bien?
— C’est votre affaire; agissez comme vous l’entendrez. Je vois que vous avez le bras long et la main large.
Et Aramis partit, emportant les bénédictions du gouverneur.
Chapitre C — Les deux amies
À l’heure où M. de Baisemeaux montrait à Aramis les prisonniers de la Bastille, un carrosse s’arrêtait devant la porte de Mme de Bellière, et à cette heure encore matinale déposait au perron une jeune femme enveloppée de coiffes de soie.
Lorsqu’on annonça Mme Vanel à Mme de Bellière, celle-ci s’occupait ou plutôt s’absorbait à lire une lettre qu’elle cacha précipitamment.
Elle achevait à peine sa toilette du matin, ses femmes étaient encore dans la chambre voisine.
Au nom, au pas de Marguerite Vanel, Mme de Bellière courut à sa rencontre. Elle crut voir dans les yeux de son amie un éclat qui n’était pas celui de la santé ou de la joie.
Marguerite l’embrassa, lui serra les mains, lui laissa à peine le temps de parler.