— M. de Buckingham parti… je sais à présent pourquoi et par qui… je croyais avoir recouvré la tranquillité… Point… Voilà que Monsieur trouve un autre prétexte; voilà que…
— Voilà que, dit le roi avec enjouement, un autre se présente. Et c’est naturel; vous êtes belle, madame; on vous aimera toujours.
— Alors, s’écria la princesse, je ferai la solitude autour de moi. Oh! c’est bien ce qu’on veut, c’est bien ce qu’on me prépare; mais, non, je préfère retourner à Londres. Là, on me connaît, on m’apprécie. J’aurai mes amis sans craindre que l’on ose les nommer mes amants. Fi! c’est un indigne soupçon de la part d’un gentilhomme! Oh! Monsieur a tout perdu dans mon esprit depuis que je le vois, depuis qu’il s’est révélé à moi, comme le tyran d’une femme.
— Là! là! mon frère n’est coupable que de vous aimer.
— M’aimer! Monsieur m’aimer? Ah! Sire…
Et elle rit aux éclats.
— Monsieur n’aimera jamais une femme, dit-elle; Monsieur s’aime trop lui-même; non, malheureusement pour moi, Monsieur est de la pire espèce des jaloux: jaloux sans amour.
— Avouez cependant, dit le roi, qui commençait à s’animer dans cet entretien varié, brûlant, avouez que Guiche vous aime.
— Ah! Sire, je n’en sais rien.
— Vous devez le voir. Un homme qui aime se trahit.