— C’est M. du Vallon qui ronfle.

— En effet, dit Aramis, il n’y avait que lui capable de faire un tel bruit. Vous permettez, Pellisson, que je m’informe s’il ne manque de rien?

— Et vous, permettez-vous que je vous accompagne?

— Comment donc!

Tous deux entrèrent dans la chambre.

Porthos était étendu sur un lit, la face violette plutôt que rouge, les yeux gonflés, la bouche béante. Ce rugissement qui s’échappait des profondes cavités de sa poitrine faisait vibrer les carreaux des fenêtres.

À ses muscles tendus et sculptés en saillie sur sa face, à ses cheveux collés de sueur, aux énergiques soulèvements de son menton et de ses épaules, on ne pouvait refuser une certaine admiration: la force poussée à ce point, c’est presque de la divinité.

Les jambes et les pieds herculéens de Porthos avaient, en se gonflant, fait craquer ses bottes de cuir; toute la force de son énorme corps s’était convertie en une rigidité de pierre.

Porthos ne remuait pas plus que le géant de granit couché dans la plaine d’Agrigente. Sur l’ordre de Pellisson, un valet de chambre s’occupa de couper les bottes de Porthos, car nulle puissance au monde n’eût pu les lui arracher.

Quatre laquais y avaient essayé en vain, tirant à eux comme des cabestans.