Soudain devaient paraître, pour ramener l’ordre et la paix, le Printemps et toute sa cour.
Les éléments, les puissances subalternes et la mythologie avec leurs attributs, se précipitaient sur les traces de leur gracieux souverain.
Les Saisons, alliées du Printemps, venaient à ses côtés former un quadrille, qui, sur des paroles plus ou moins flatteuses, entamait la danse. La musique, hautbois, flûtes et violes, peignait les plaisirs champêtres.
Déjà le roi entrait au milieu d’un tonnerre d’applaudissements.
Il était vêtu d’une tunique de fleurs, qui dégageait, au lieu de l’alourdir, sa taille svelte et bien prise. Sa jambe, une des plus élégantes de la cour, paraissait avec avantage dans un bas de soie couleur chair, soie si fine et si transparente que l’on eût dit la chair elle-même.
Les plus charmants souliers de satin lilas clair, à bouffettes de fleurs et de feuilles, emprisonnaient son petit pied.
Le buste était en harmonie avec cette base; de beaux cheveux ondoyants, un air de fraîcheur rehaussé par l’éclat de beaux yeux bleus qui brûlaient doucement les cœurs, une bouche aux lèvres appétissantes, qui daignait s’ouvrir pour sourire: tel était le prince de l’année, qu’on eût, et à juste titre ce soir-là, nommé le roi de tous les Amours.
Il y avait dans sa démarche quelque chose de la légère majesté d’un dieu. Il ne dansait pas, il planait.
Cette entrée fit donc l’effet le plus brillant. Soudain, comme nous l’avons dit, on aperçut le comte de Saint-Aignan qui cherchait à s’approcher du roi ou de Madame.
La princesse, vêtue d’une robe longue, diaphane et légère comme les plus fines résilles que tissent les savantes Malinoises, le genou parfois dessiné sous les plis de la tunique, son petit pied chaussé de soie, s’avançait radieuse avec son cortège de bacchantes, et touchait déjà la place qui lui était assignée pour danser.