— Assez compliqué, oui; le jour même, on s’y trompe parfois; ce sont des tours et des détours sans fin; il faut d’abord faire trois tours à droite, puis deux tours à gauche, puis un tour… Est-ce un tour ou deux tours? Attendez donc! Enfin, en sortant du labyrinthe, vous trouvez une allée de sycomores, et cette allée de sycomores vous conduit droit au pavillon qu’habite M. de Guiche.

— Mademoiselle, dit Manicamp, voilà une admirable indication, et je ne doute pas que, guidé par elle, je ne me perde à l’instant même. J’ai, en conséquence, un petit service à vous demander.

— Lequel?

— C’est de m’offrir votre bras et de me guider vous-même comme une autre… comme une autre…. Je savais cependant ma mythologie, mademoiselle; mais la gravité des événements me l’a fait oublier. Venez donc, je vous en supplie.

— Et moi! s’écria Malicorne, et moi, l’on m’abandonne donc!

— Eh! monsieur, impossible!… dit Montalais à Manicamp; on peut me voir avec vous à une pareille heure, et jugez donc ce que l’on dira.

— Vous aurez votre conscience pour vous, mademoiselle, dit sentencieusement Manicamp.

— Impossible, monsieur, impossible!

— Alors, laissez-moi aider Malicorne à descendre; c’est un garçon très intelligent et qui a beaucoup de flair; il me guidera, et, si nous nous perdons, nous nous perdrons à deux et nous nous sauverons l’un et l’autre. À deux, si nous sommes rencontrés, nous aurons l’air de quelque chose; tandis que, seul, j’aurais l’air d’un amant ou d’un voleur. Venez, Malicorne, voici l’échelle.

— Monsieur Malicorne, s’écria Montalais, je vous défends de quitter votre arbre, et cela sous peine d’encourir toute ma colère.