— Eh bien! vous allez me conduire à ma chambre.

L’hôte du Beau-Paon marcha devant Malicorne, son bonnet à la main. Malicorne s’installa dans sa chambre et y demeura tout surpris de voir l’hôte, à chaque ascension ou à chaque descente, lui faire de ces petits clignements d’yeux qui indiquent la meilleure intelligence entre deux correspondants.

«Il y a quelque méprise là-dessous, se disait Malicorne; mais, en attendant qu’elle s’éclaircisse, j’en profite, et c’est ce qu’il y a de mieux à faire.»

Et de sa chambre il s’élançait comme un chien de chasse à la piste des nouvelles et des curiosités de la cour, se faisant rôtir ici et noyer là, comme il avait dit à Mlle de Montalais.

Le lendemain de son installation, il avait vu arriver successivement les sept voyageurs qui remplissaient toute l’hôtellerie.

À l’aspect de tout ce monde, de tous ces équipages, de tout ce train, Malicorne se frotta les mains, en songeant que, faute d’un jour, il n’eût pas trouvé un lit pour se reposer au retour de ses explorations.

Après que tous les étrangers se furent casés, l’hôte entra dans sa chambre, et, avec sa gracieuseté habituelle:

— Mon cher monsieur, lui dit-il, il vous reste le grand appartement du troisième corps de logis; vous savez cela?

— Sans doute, je le sais.

— Et c’est un véritable cadeau que je vous fais.