«Voici donc ce que M. de Guiche ou Manicamp auront imaginé: le grand appartement pour recevoir d’une façon convenable quelque dame épais voilée, avec réserve, pour la susdite dame, d’une double sortie sur une rue à peu près déserte et aboutissant à la forêt.

«La chambre pour abriter momentanément soit Manicamp, confident de M. de Guiche et vigilant gardien de la porte, soit M. de Guiche lui-même, jouant à la fois pour plus de sûreté le rôle du maître et celui du confident.

«Mais cette réunion qui doit avoir lieu, qui a eu effectivement lieu dans l’hôtel?

«Ce sont sans doute gens qui doivent être présentés au roi.

«Mais le pauvre diable à qui la chambre est destinée?

«Ruse pour mieux cacher de Guiche ou Manicamp.

«S’il en est ainsi, comme c’est chose probable, il n’y a que demi-mal: et de Manicamp à Malicorne, il n’y a que la bourse.»

Depuis ce raisonnement, Malicorne avait dormi sur les deux oreilles, laissant les sept étrangers occuper et arpenter en tous sens les sept logements de l’hôtellerie du Beau-Paon.

Lorsque rien ne l’inquiétait à la cour, lorsqu’il était las d’excursions et d’inquisitions, las d’écrire des billets que jamais il n’avait l’occasion de remettre à leur adresse, alors il rentrait dans sa bienheureuse petite chambre, et, accoudé sur le balcon garni de capucines et d’œillets palissés, il s’occupait de ces étranges voyageurs pour qui Fontainebleau semblait n’avoir ni lumières, ni joies, ni fêtes.

Cela dura ainsi jusqu’au septième jour, jour que nous avons détaillé longuement avec sa nuit dans les précédents chapitres.