— Aussitôt cette mission remplie, à moins que Sa Majesté le roi Charles II ne me donne d’autres ordres.

— Il vous fera tout au moins la prière, j’en suis sûre, de rester près de lui le plus longtemps possible.

— Alors, comme je ne saurai pas refuser, je prierai d’avance Votre Altesse Royale de vouloir bien rappeler au roi de France qu’il a loin de lui un de ses serviteurs les plus dévoués.

— Prenez garde que, lorsqu’il vous rappellera, vous ne regardiez son ordre comme un abus de pouvoir.

— Je ne comprends pas, Madame.

— La cour de France est incomparable, je le sais bien; mais nous avons quelques jolies femmes aussi à la cour d’Angleterre.

Raoul sourit.

— Oh! dit Madame, voilà un sourire qui ne présage rien de bon à mes compatriotes. C’est comme si vous leur disiez, monsieur de Bragelonne: «Je viens à vous, mais je laisse mon cœur de l’autre côté du détroit. » N’est-ce point cela que signifiait votre sourire?

— Votre Altesse a le don de lire jusqu’au plus profond des âmes; elle comprendra donc pourquoi maintenant tout séjour prolongé à la cour d’Angleterre serait une douleur pour moi.

— Et je n’ai pas besoin de m’informer si un si brave cavalier est payé de retour?