— Oui, oui, oui! Vois-tu, de Guiche, je ne veux pas que, ma femme ni moi, nous ayons des laideurs devant les yeux. Ma femme prendra pour demoiselles d’honneur toutes filles jolies; je prendrai, moi, tous gentilshommes bien faits. De cette façon, vois-tu, de Guiche, si je fais des enfants, ils seront d’une bonne inspiration, et, si ma femme en fait, elle aura vu de beaux modèles.
— C’est puissamment raisonné, monseigneur, dit Manicamp approuvant de l’œil et de la voix.
Quant à de Guiche, sans doute ne trouva-t-il pas le raisonnement aussi heureux, car il opina seulement du geste, et encore le geste garda-t-il un caractère marqué d’indécision. Manicamp s’en alla prévenir Malicorne de la bonne nouvelle qu’il venait d’apprendre.
De Guiche parut s’en aller à contrecœur faire sa toilette de cour.
Monsieur, chantant, riant et se mirant, atteignit l’heure du dîner dans des dispositions qui eussent justifié ce proverbe: «Heureux comme un prince.»
Chapitre CXXX — Histoire d’une naïade et d’une dryade
Tout le monde avait fait la collation au château, et, après la collation, toilette de cour.
La collation avait lieu d’habitude à cinq heures.
Mettons une heure de collation et deux heures de toilette. Chacun était donc prêt vers les huit heures du soir.
Aussi vers huit heures du soir commençait-on à se présenter chez Madame.