— Eh bien! après?
— Le maître qui a de tels serviteurs est bien heureux: voilà tout.
— Et tu veux dire que je n'ai pas de tels serviteurs, moi, ou plutôt que je n'en ai plus? Tu as raison, si c'est cela que tu veux dire.
— Ce n'est pas cela que je veux dire. Votre Majesté trouverait dans l'occasion, et je puis en répondre mieux que personne, des serviteurs aussi fidèles qu'en a trouvé le maître de Salcède.
— Le maître de Salcède, le maître de Salcède! nommez donc une fois les choses par leur nom, vous tous qui m'entourez. Comment s'appelle-t-il ce maître?
— Votre Majesté doit le savoir mieux que moi, elle qui s'occupe de politique.
— Je sais ce que je sais. Dites-moi ce que vous savez, vous.
— Moi, je ne sais rien; seulement je me doute de beaucoup de choses.
— Bon! dit Henri ennuyé, vous venez ici pour m'effrayer et me dire des choses désagréables, n'est-ce pas? Merci, duc, je vous reconnais bien là.
— Allons, voilà que Votre Majesté me maltraite, dit d'Épernon.