— Tu avoues donc que tu es un fantôme?

— Je ne l'ai jamais nié.

— Chicot!

— Allons! ne te fâche pas, car de myope que tu es, tu deviendrais aveugle. Voyons, ne m'as-tu pas dit que tu retenais ton frère en Flandre?

— Oui, certes, et c'est d'une bonne politique, je le maintiens.

— Maintenant, écoute, ne nous fâchons pas. Dans quel but penses-tu que M. de Guise reste à Nancy?

— Pour y organiser une armée.

— Bien! du calme… A quoi destine-t-il cette armée?

— Ah! Chicot, vous me fatiguez avec toutes ces questions.

— Fatigue-toi, fatigue-toi, Henri! tu t'en reposeras mieux plus tard: c'est moi qui te le promets. Nous disions donc qu'il destine cette armée?