— Voyons, Joyeuse, trêve de raillerie, tu m'entends? tu vas te botter et monter à cheval.

— Non, sire, répondit le duc avec le plus grand sérieux, c'est impossible.

— Et pourquoi cela, impossible? demanda Henri avec colère.

— Parce que… parce que… je suis amiral.

— Eh bien?

— Et que les amiraux ne montent pas à cheval.

— Ah! c'est comme cela! fit Henri.

Joyeuse répondit par un de ces signes de tête comme les enfants en font lorsqu'ils sont assez obstinés pour ne pas répondre.

— Eh bien! soit, monsieur l'amiral de France; vous n'irez pas à cheval: vous avez raison, ce n'est pas l'état d'un marin d'aller à cheval; mais c'est l'état d'un marin d'aller en bateau et en galère; vous vous rendrez donc à l'instant même à Rouen, en bateau; à Rouen, vous trouverez votre galère amirale: vous la monterez immédiatement et vous ferez appareiller pour Anvers.

— Pour Anvers! s'écria Joyeuse, aussi désespéré que s'il eût reçu l'ordre de partir pour Canton ou pour Valparaiso.