Forcé de marcher assez doucement pour ne pas dépasser ses collègues, peut- être d'ailleurs intérieurement satisfait de ne point marcher trop près d'eux, ce jeune homme demeura un instant sur les limites de la haie formée par le peuple.

En ce moment il se sentit tirer par le fourreau de son épée, et se pencha en arrière.

Celui qui attirait son attention par cet attouchement était un jeune homme aux cheveux noirs, à l'oeil étincelant, petit, fluet, gracieux, et les mains gantées.

— Qu'y a-t-il pour votre service, monsieur? demanda le cavalier.

— Monsieur, une grâce.

— Parlez, mais parlez vite, je vous prie: vous voyez que l'on m'attend.

— J'ai besoin d'entrer en ville, monsieur, besoin impérieux, comprenez- vous? — De votre côté, vous êtes seul, et avez besoin d'un page qui fasse encore honneur à votre bonne mine.

— Eh bien?

— Eh bien, donnant donnant: faites-moi entrer, je serai votre page.

— Merci, dit le cavalier; mais je ne veux être servi par personne.