Ils souriaient:
Le plus jeune avec une tristesse ineffable, l'aîné avec une grâce enchanteresse: ils étaient beaux, ils étaient grands, ils étaient frères.
Le plus jeune s'appelait Henri de Joyeuse, comte de Bouchage; l'autre, le duc Anne de Joyeuse. Récemment encore il n'était connu que sous le nom d'Arques; mais le roi Henri, qui l'aimait par-dessus toutes choses, l'avait fait, depuis un an, pair de France, en érigeant en duché-pairie la vicomte de Joyeuse.
Le peuple n'avait pas pour ce favori la haine qu'il portait autrefois à
Maugiron, à Quélus et à Schomberg, haine dont d'Épernon seul avait hérité.
Le peuple accueillit donc le prince et les deux frères par de discrètes, mais flatteuses acclamations.
Henri salua la foule gravement et sans sourire, puis il baisa son chien sur la tète.
Alors, se retournant vers les jeunes gens:
— Adossez-vous à la tapisserie, Anne, dit-il à l'aîné; ne vous fatiguez pas à demeurer debout: ce sera long peut-être.
— Je l'espère bien, interrompit Catherine, — long et bon, sire.
— Vous croyez donc que Salcède parlera, ma mère? demanda Henri.