— Je me retire, fit Chicot humblement. C'est sans doute un véritable ambassadeur que vous envoie S.M. Philippe II, tandis que moi….
— L'ambassadeur de France céder le terrain à l'Espagnol, et cela en Navarre! Ventre saint-gris! cela ne sera point; ouvre ce cabinet de livres, Chicot, et t'y installe.
— Mais de là j'entendrai tout malgré moi, sire.
— Eh! tu entendras, morbleu! que m'importe? je n'ai rien à cacher, moi. A propos, vous n'avez plus rien à me dire de la part du roi votre maître, monsieur l'ambassadeur?
— Non, sire, plus rien absolument.
— C'est cela, tu n'as plus qu'à voir et à entendre alors, comme font tous les ambassadeurs de la terre; tu seras donc à merveille dans ce cabinet pour faire ta charge. Vois de tous tes yeux et entends de toutes tes oreilles, mon cher Chicot.
Puis il ajouta:
— D'Aubiac, dis à mon capitaine des gardes d'introduire M. l'ambassadeur d'Espagne.
Chicot, en entendant cet ordre, se hâta d'entrer dans le cabinet des livres, dont il ferma soigneusement la tapisserie à personnages.
Un pas lent et compassé retentit sur le parquet sonore: c'était celui de l'ambassadeur de S.M. Philippe II.